Le potager guérisseur de Fontevraud

Publié le par Francine Buchi

Sur la route des vacances, il est un lieu magique en bord de Loire : l’Abbaye Royale de Fontevraud, classée Patrimoine Mondial par l’Unesco. On y visite en détail les superbes bâtiments de ce qui fut, du XIIème au XVIIIème siècle,  le plus grand ensemble monastique d’Europe.


Après avoir servi de prison, ce site prodigieux est dorénavant consacré à la culture et au tourisme ; il est possible d'y séjourner dans un cadre à couper le souffle, au prix d’un hébergement deux étoiles.. L’escale est connue et appréciée par les touristes étrangers voyageant du Nord vers le Sud.

 


Et il y a les jardins…

A deux pas des anciennes cuisines, en partenariat avec la Fondation Yves Rocher,  l’Abbaye a reconstitué le potager médiéval du monastère, composé de plantes qui servent tout à la fois à nourrir et à soigner.  














Exemple : le cardon ou artichaut sauvage, dégusté par les moines et les moniales, mais aussi cultivé pour ses effets bénéfiques sur les secrétions biliaires.








La guimauve en fleurs.
Elle entre au Moyen-Orient dans la confection des potages, mais ses racines sont aussi employées en cas d'inflammation, et, séchées, on les donnait à mâcher aux nourrissons pour apaiser leurs gencives enflammées.











Dans la bardane, tout se mange. Les racines charnues ont le goût d'artichaut.Torréfiées, elles peuvent remplacer le café. Elles servent aussi de remède contre les morsures de serpent, elles sont dépuratives, et l'on extrait de l'huile à partir du fruit. 









 

On redécouvre ainsi par delà les siècles les vertus spécifiques de ces plantes, dont certaines sont si familières, comme le persil, qu’on les croit éternelles. Et pourtant… Lors des premiers Entretiens de la Biodiversité - voir l’article précédent - Jacques Fleurentin, président de la Société française d’Ethnopharmacologie, rappelait que 150 espèces médicinales sont menacées en Europe, comme la gentiane, le thym ou l’origan. Il est donc important de maîtriser leur culture (comme c’est le cas dorénavant pour l’arnica et l’edelweiss) et de les perpétuer dans nos jardins, afin qu’elles ne soient pas surexploitées à l’état sauvage. Il est aussi important, dit Jacques Fleurentin, de publier par écrit partout dans le monde les savoirs ancestraux sur les vertus médicales des plantes, car l’on empêche ainsi de poser des brevets sur leur usage. On peut écouter ici l’intervention de Jacques Fleurentin lors des Entretiens de la Biodiversité, début juin en Lorraine.

  

 

 

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