En Suisse, on se chauffe avec les eaux usées.

Publié le par Francine Buchi

 

 
Quel est le point commun entre des montres de luxe, certaines valant jusqu’à 300 000 euros, et les canalisations d’eau usées de la ville de Schaffhouse, en Suisse ?


Le lien est à la fois direct et proche. Les eaux usées soufflent littéralement le chaud et le froid dans les ateliers de fabrication. Chauffage en hiver, climatisation en été, et toute l’année de l’eau chaude au robinet. Tout cela en prélevant quelques calories à partir des canalisations, et en les démultipliant grâce à une pompe à chaleur.




Voilà un moyen simple de tirer parti de toute l’eau qui sort à profusion et parfois en pure perte des salles de bain et des cuisines. Une eau qui est déjà chaude et qui circule sous terre à deux pas des logements et des entreprises, à une température constante de 10° minimum toute l’année.


C’est de l’énergie de proximité, renouvelable et propre, puisqu’elle permet de remplacer le gaz ou le mazout !

 

Matthias Schuler, directeur de la manufacture horlogère IWC, nous indique qu’il a fait le choix du chauffage par les eaux usées - qu’on appelle aussi les eaux grises - lorsque ‘il s’est agi de remplacer, en 2000, l’ancienne chaudière à mazout de l’entreprise. Grâce aux subventions de la commune, du canton et de la Confédération, le surcoût du branchement d’une pompe à chaleur sur les canalisations s'est limité à 150 000 francs suisses, soit un tiers du prix.

''L’entreprise économise par ce moyen 15 000 litres de fuel par an, dit Matthias Schuler. De plus, comme IWC récupère également les eaux de pluie et s’est équipé de capteurs solaires, nous avons déjà réduit de moitié les émissions de CO2 de nos bâtiments à Schaffhouse et d’ici 2010, nous espérons les réduire de 90%''

 

Au niveau confédéral, la Suisse s’est fixé pour objectif de réduire de 10% d’ici 2010 sa consommation d’énergie fossile et ses émissions de C02 ; tirer parti des eaux usées est l’un des moyens pour y parvenir, et la Suisse est pionnière en ce domaine. C’est une technique simple, facilement transposable. '' Il est encore un peu compliqué de se procurer des canalisations avec échangeur de chaleur intégré, car les constructeurs sont rares, dit Martin Kernen, ingénieur et responsable du programme porté par SuisseEnergie. En revanche, il est tout à fait possible d’apposer sur d’anciennes canalisations des plaques de métal qui font alors office d’échangeurs de chaleur ''. 
Voici les explications de Martin Kernen : 

                     

                       
           
                  
 

 Une vingtaine de sites en Suisse utilisent déjà la chaleur des eaux usées. De nouveaux chantiers devraient débuter sous peu, car la technique s’avère de plus en plus rentable avec le renchérissement des produits pétroliers. Le processus est maîtrisé, insiste SuisseEnergie : dans la région de Bâle, on l’utilise depuis plus de 20 ans !   

   

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plomberie paris 10eme 30/01/2015 01:16

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement

plombier paris 17 26/01/2015 10:51

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