Fonte annoncee du Pole Nord en 2008

Publié le par Francine Buchi

 

La fonte de la banquise en Arctique connaîtra un nouveau record cet été, et il est très probable que pour la première fois, le Pole Nord géographique sera libre de glace.

C’est la prévision extra-ordinaire formulée par une vingtaine de spécialistes de la météo et des océans réunis à Toulouse, du 16 au 18 juin, au siège de Collecte Localisation Satellites (CLS), une filiale du CNES. Ces scientifiques sont issus des pays de la circonférence polaire, seul le représentant russe ne s’était pas déplacé. Ils travaillent ensemble dans le cadre d’un programme international de bouées arctiques (IABP), et c’est en étudiant la dérive des glaces grâce aux balises Argos qui sont posées sur la banquise qu’ils en sont venus à cette glaçante conclusion..



Voici les explications du canadien Luc Desjardins, du Canadian Ice Service.

                                   

 Les balises non seulement communiquent leur trajectoire via les satellites, mais elles sont aussi capables de donner des informations précieuses sur la nature de la glace : jeune ou vieille, mince ou épaisse, autrement dit susceptible de fondre rapidement ou au contraire de passer le cap de l’été. Or, en ce moment, la glace autour du Pole Nord est mince : 1,6m estime Luc Desjardins, alors qu’une banquise qui a résisté plusieurs années à la fonte de l’été atteint plusieurs mètres d’épaisseur.



L’américain Ignatius Rigor, coordinateur du programme, estime que l’Arctique se vide très rapidement de ses « vieilles » glaces. ''En septembre 2007, il ne subsistait que 4,3 millions de km2 de banquise. On risque de descendre à 3 millions de km2 cette année'' - Soit une perte de glace équivalente à deux fois la surface de la France. La fonte de la banquise arctique, selon ces spécialistes, est en avance de 30 à 50 ans sur les prévisions du GIEC. Et ne peut pas être sans conséquence pour le reste de la planète.

Voici une séquence qui montre le travail des « chasseurs d’icebergs ». Tout comme les plaques dérivantes de banquise, les icebergs d’eau douce se multiplient avec la fonte. Pour signaler leur trajectoire aux navires et aux plateformes pétrolières, une patrouille internationale les marque avec des balises.

                            

 Pour la petite histoire, cette patrouille chargée de surveiller les glaces dérivantes de l’Atlantique Nord a vu le jour après le naufrage du Titanic, en 1912. Elle n’est pas prête d’être au chômage.

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