Tempête sur les noix de Grenoble

Publié le par Francine Buchi

La France est traversée par les intempéries,  il y a d’impressionnantes inondations en ce moment en Corse et en Alsace, nos journaux télévisés s’en font l’écho.

Et voici un coup de projecteur sur une violente mini- tempête mêlant vent et grêle  qui s’est abattue dans la soirée du 29 mai sur l’Isère. Ces photos  me sont envoyées par Maurice Boisset, ancien agriculteur à Chatte. Ce sont les cultures de noyers, les célèbres noix de Grenoble qui ont surtout été endommagées..

Pourquoi les noyers précisément ? "Parce que lorsque l’on replante les jeunes arbres qui viennent des pépinières, la racine centrale, le pivot, s’arrête de pousser et ce sont les racines latérales qui se développent. L’arbre est donc moins solide. C’était l’apocalypse, dit Maurice Boisset. J’ai transmis mon exploitation à un jeune, il a perdu près de 300 noyers, sur un total de 1400. Il faudrait qu’on puisse instaurer un RMI pour ces gars ! "

 

 

"Le phénomène a duré une vingtaine de minutes, vers 22h30, rapporte aussi Christiane Revol, femme d’agriculteur à Chatte.  Il a été très violent, c’est très  impressionnant, surtout la nuit. Les arbres sont tombés d’autant plus vite que la terre est détrempée par les pluies : pendant le mois de mai, il est tombé 130 mm d’eau au lieu des 90 mm habituels."

 

Météo France estime la grosseur des grêlons à 3 cm. Quant à la violence des vents, il faudra en faire l’estimation après coup, au vu des dégâts. En cas de mini-tempête, il n’y a pas toujours un capteur au bon endroit. Alors grêle et vent, est-ce exceptionnel en cette saison ? "Pas du tout, dit Emmanuel Bocrie , ingénieur de Météo-France. Le printemps et l’été, c’est même la bonne saison pour les orages de grêle, et même si les vents peuvent surprendre par leur violence, les deux phénomènes sont très souvent associés’’.

En fait, cet évènement prouve que les arboriculteurs, et spécialement ceux qui élèvent des noyers, devraient être beaucoup mieux assurés contre ce type d’évènements. Or ils ne sont que 5% à s’assurer volontairement, car les tarifs sont élevés. Une dizaine de communes comptent donc beaucoup sur l'Etat pour être dédommagées de la perte des récoltes via le fonds de calamité agricole. D’après le conseil général de l’Isère, 5000 à 6000 arbres ont été arrachés par cette mini-tempête, soit plus de 20% des noyers du département.      

 

 

 

 

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