Bretagne : Mildiou dans les potagers

Publié le par blog-petitechroniquedelaterre-tf1


C'est une année à mildiou, disent les viticulteurs du Bordelais et les grands producteurs de pommes de terre du Nord de la France. Et le mildiou attaque aussi dans les potagers.

Près de Quimper, à Eliant , Marie-Anne pense qu'elle cueille là ses dernières tomates de la saison. Et pourtant nous ne sommes qu'à la fin du mois de juillet, et il y a encore de nombreux légumes qui ne demanderaient qu'à mûrir dans sa petite serre.

Mais on voit déjà les traces de l'attaque du parasite sur les tiges et les feuilles des plants de tomates. Cela fait des taches noirâtres qui se propagent. Marie-Anne a traité avec de la bouillie bordelaise, mais elle craint qu'il ne soit déjà trop tard pour les sauver.

Elle a aussi traité préventivement ses quelques ceps de vigne , du Muscat de Hambourg, du Doré de Fontainebleau, mais elle n'est pas sûre de parvenir à les sauver." Le mildiou se propage très vite, dit -elle, c'est dans l'air" . Le mildiou est un champignon, mais certains chercheurs l'assimilent aussi à une algue. Il aime l'humidité, et au mois de juillet en Bretagne, il a plu tous les jours et il fait frais pour la saison.

 

Marie-Anne, qui a plus de 80 ans, se souvient de sa grand mère qui disait " pleuvoir tous les jours, c'est trop, mais tous les deux jours, c'est pas assez"; " Mais ça, ça vaut pour le mois de mai, poursuit Marie- Anne, quand la végétation a besoin de pousser. En juillet, il doit faire plus chaud. Mais je me souviens qu'il y a eu d'autres années très humides en Bretagne: en 1951, par exemple, et en 1972 pareil. "

 

Marie -Anne a vécu toute sa vie dans une ferme. Elle a la mémoire des saisons et de la météo, si importantes pour les cultures. La sécheresse de 1976 par exemple, a été bien plus redoutable pour les agriculteurs que les excès d'humidité.

 

Dans le petit champ de pommes de terre de Marie Anne. Les fanes sont brulées, Marie Anne a utilisé du chlorate de soude pour éviter la propagation du mildiou.

Au niveau européen, la Commission vient de faire connaître ses prévisions de récoltes dans l'Europe des 27. Ce sont les ressources en blé qui sont en baisse, et on peut craindre que les cours vont flamber. Il y aura une diminuation de 1,6% des céréales par rapport à la moyenne des 5 dernières années, en raison principalement de la vague de chaleur extrême qui frappe la Hongrie, la Roumanie , la Bulgarie, la Grèce et l'Italie. En revanche, des records de précipitations ont été enregistrés dans les zones de l'Atlantique Nord et de la Mer du Nord, ce qui va aussi diminuer le potentiel de rendement agricole, selon la Commission Européenne.

Quant aux récoltes et aux moissons en France," il faudrait que la terre soit plus légère et s'assèche un peu, dit Marie-Anne, les engins agricoles sont lourds et ne peuvent pas travailler dans une terre détrempée. "

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