Tourisme en Arctique

Publié le par blog-petitechroniquedelaterre-tf1


Partir debout vers l'aventure, dans une neige vierge de toute trace humaine,dans le seul bruit des aboiements des chiens et du glissement du traineau...

C'est un rêve désormais accessible, il n'est pas nécessaire d'être un aventurier endurci par les entraînements sportifs pour y accéder. Pour quelques milliers d'euros (quand même) quelques agences de voyages spécialisées offrent au citadin stressé la possibilité inoubliable de se sentir seul au monde, dans un des rares endroits encore authentiquement sauvages de la planète.

Les régions de l'Arctique offrent ce dépaysement complet. Pour le reportage diffusé cette semaine dans le journal de 13h, nous avons tourné au Spitzberg, au début du mois d'avril. C'est la fin de l'hiver polaire et le début du jour permanent en Arctique.

Les paysages sont encore uniformément blancs et se teintent d'orange et de mauve le soir et le matin, lorsque le soleil est bas sur l'horizon. Le spectacle est d'une beauté à couper le souffle, et se fixe définitivement dans la mémoire.

 

 

Nous avons rencontré Richard qui travaille pour un laboratoire pharmaceutique en région parisienne, lors de son départ pour un week-end en traineau à chiens, à quelques kilomètres de Longyearbyen, la capitale du Spitzberg. Cette île fait partie de l'archipel du Svalbard, sous souveraineté norvégienne, à 1000 km environ du Pôle Nord.

Richard réalisait là un rêve d'enfant , il avait trouvé la formule qui lui convenait par internet, directement auprès du couple de trappeurs qui l'organise.

 Nous avons également assisté au premier campement d'un sympathique groupe de touristes francophones partis 11 jours en ski nordique dans le désert glacé , une formule de raid organisé par Grand Nord Grand Large.  

11 jours à se nourrir de rations déshydratées que l'on fait gonfler en chauffant de la neige, à s'emmitouffler au maximum pour dormir, à sécûriser le campement pour être averti de toute intrusion de l'ours pendant la nuit. 11 jours à s'émerveiller et à éprouver volontairement sa capacité d'endurance.

 

Muriel, l'une des participantes, m'écrit après cette aventure: "Notre séjour s'est très bien passé: c'est vraiment une expérience magnifique tant sur le plan personnel, humain, que sportif. Nous avons eu la chance d'avoir du beau temps et nous avons eu moins froid les jours suivants votre venue. Il ne faisait que - 10 dans la journée et -15/-20 dans la nuit ( ! ) au lieu des -30 des deux premières nuits ! Il est même parfois arrivé que la condensation à l'intérieur de la tente ne soit pas gelée le matin ..."

Muriel a mis en ligne ses photos et ses commentaires sur cette expédition. Voici son site:

http://mquris.free.fr/crbst_72.html

 

 

   Un autre participant, Alain fait également partager son journal de voyage sur le net : ( http://www.photo-de-vacance.com/VOYAGE/Spitzberg2007/Spitzberg_fr.php ).

L'attrait de ces régions polaires est si fort que le nombre de touristes en Arctique a beaucoup augmenté en quelques années. Il est passé  d'environ 1 million au début des années 90 à plus de 1,5 million actuellement. C'est le chiffre révélé au début du mois de juin dernier par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement .

Le nombre de touristes qui choisissent des croisières en Arctique a été multiplié par 4, mais ce sont surtout les touristes terrestres qui ont augmenté, ils sont 7 fois plus nombreux qu'il y a 10 ans.

 On peut à la fois s'en réjouir et s'en inquiéter. S'en réjouir, car cela ouvre à un plus grand nombre de personnes la possibilité d'admirer des paysages exceptionnels et d'être plus sensibles  par là même aux informations concernant les régions polaires .On peut aussi s'en inquiéter,  car ces régions sont  particulièrement fragiles et déjà soumises à la pollution et aux conséquences du réchauffement climatique .

Les autorités du Svalbard se veulent intransigeantes en matière d'environnement. Les expéditions touristiques doivent toujours être signalées en termes de durée et d'itinéraire,  et de vastes étendues ne sont pas accessibles aux engins motorisés comme les scooters des neige, qui sont sources de pollution et de bruit.

Enfin les animaux du Svalbard sont tous protégés: par exemple le renne sauvage, que l'on rencontre de loin en loin, isolé ou en petit groupe car la nourriture n'est pas abondante. Et surtout le magnifique ours polaire, contre lequel il faut se prémunir en partant armé . Mais toute rencontre avec l'ours doit faire l'objet d'un rapport, et on ne peut tirer qu'en cas d'absolue nécessité.

Voici le reportage diffusé le mercredi 1er Aout dans le journal de 13H.

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