BANQUISE: fonte record en 2007

Publié le par blog-petitechroniquedelaterre-tf1

Au Pole Nord, jamais la banquise n’a fondu autant et aussi vite .

2007 est une année record.

Triste record. Cette fonte signe un réchauffement accéléré au Pole Nord.

Et ce qui se passe au Pole Nord, où les signes du réchauffement sont amplifiés, n’est que la préfiguration de ce qui risque de se passer sur le reste de la planète.

 

 Il est un lieu où l’on peut mesurer, et constater de visu l’ampleur du phénomène : C’est le laboratoire d’océanographie spatiale de l’IFREMER, à BREST.

On y trouve tout un alignement d’ordinateurs qui recueillent les données envoyées par les satellites. Les chercheurs ensuite interprètent et analysent les données ;

 

 C’est Robert Ezraty qui a créé ce laboratoire en 1991. Année après année, il a pu vérifier la part croissante que prennent les satellites dans la recherche environnementale, en ce qui concerne notamment les vents, les courants, et la glace de mer, c'est-à-dire la banquise.

  

Voici la carte de la banquise au Pole dressée par son laboratoire d’océanographie spatiale le 5 septembre 2005. On y voit en rouge la glace dure qui recouvre l’Océan Arctique, et tout autour, en jaune et vert puis mauve, la glace qui peu à peu se disloque pour disparaître ensuite totalement. «  Le minimum d’étendue des glaces se situe climatologiquement au début du mois de septembre , dit Robert Ezraty. Le 5 septembre 2005, c’était notre précédent record de fonte de la banquise. Mais cette année, nous constatons  un nouveau record, et dès le 20 aout.

  Voici la carte de la banquise au 20 Aout 2007. L’été en Arctique n’est pas encore terminé, et pourtant il subsiste beaucoup moins de banquise qu’en septembre 2005. C’est visible à l’œil nu. Il faudra maintenant calculer l’ampleur de ce qui a fondu.

 

 Robert Ezraty commente : « Il semble bien que le passage du Nord-Ouest (au nord du continent américain, entre l’Atlantique et le Pacifique) soit libre de glace cette année. Par contre du côté sibérien, il reste une forte langue de glace attachée au continent qui bloque la navigation ».

  

 

Dans un reportage effectué par  l'agence

de presse APTN le 7 aout au nord du Canada on voit effectivement des brise-glaces circulant dans des eaux en partie libérées des glaces.

Une habitante inuit s’inquiète et s’étonne : « La banquise a beaucoup diminué au cours des 10 dernières années, dit-elle. Autrefois, elle était bien dure jusqu’en juillet, nous pouvions nous déplacer, aller de campements en campements. A présent il vaut mieux ne pas se déplacer à partir de la fin de mois de mai. La banquise disparait presque complètement, il y a des plaques de-ci de-là. « 

 

 

 Dans le livre « Le climat : Jeu Dangereux » (Dunod) , le climatologue Jean Jouzel et la journaliste scientifique Anne Debroise notent que « entre 1978 et 2000, l’Arctique a déjà perdu 1,2 millions de kilomètres carrés de glace permanente, soit une surface égale à plus du double de celle de la France métropolitaine. Si la banquise continue à s’effriter à ce rythme, elle aura disparu en 2100. »

Quant au fameux passage du Nord Ouest, qui raccourcit d’un tiers l’itinéraire entre les deux océans, il pourrait bien être totalement libéré des glaces en été dans les prochaines décennies. Les Canadiens ont déjà annoncé le creusement d’un port en eau profonde dans le Grand Nord, de manière à pouvoir accueillir cargos et supertankers.

  

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