OZONE : résorber le trou

Publié le par blog-petitechroniquedelaterre-tf1



L'ozone, c'est la vie

  

 Tout là-haut, dans la stratosphère, c'est lui qui nous protège des rayons UV du soleil. Sans la présence d'ozone qui se forme naturellement dans l'atmosphère, la vie sur Terre ne serait pas possible, et là où l'ozone se raréfie, des formes de cancer de la peau apparaissent plus souvent qu'ailleurs. On l'a constaté en Australie et au sud du Chili.

   Pourquoi dans ces régions ? Parce qu'au Pôle Sud, il se forme au moment du printemps (en automne pour nous) ce qu'on appelle un « trou d'ozone ».

 Le phénomène a été décelé dans les années 70. Et il est surveillé aujourd'hui par les satellites et par divers moyens d'observation de l'atmosphère comme les ballons sonde.

 Ces observations ont lieu également au Pôle Nord, car un trou d'ozone y est également apparu dans les années 90.

 

  Une fois constaté, le problème a été jugé si grave que plus d'une centaine d'états sont parvenus à se mettre d'accord. Ils ont accepté d'interdire progressivement les principales substances chimiques inventées par l'homme capables de détruire la couche d'ozone. C'est le Protocole de Montréal, signé il y a 20 ans, le 16 septembre  1987.

A la suite de cet accord, ratifié aujourd'hui par 186 pays, les substances chimiques de la famille des chlorofluorocarbones, les fameux CFC, inventées en 1928, ont été mises à l'index.

Les CFC sont très utiles pour la réfrigération, pour propulser les aérosols, et dans les climatiseurs. Seulement, le chlore des CFC détruit l'ozone. Et cela, on ne s'en doutait pas en les inventant.  Un seul atome de chlore peut détruire cent mille molécules d'ozone. Et sa capacité de destruction est à son maximum quand il fait très froid dans l'atmosphère. Voilà pourquoi le trou d'ozone est apparu d'abord au Pôle Sud.

 

   Tim Flannery, dans son livre «  Les Faiseurs de pluie » ( Editions Héloïse d'Ormesson) raconte comment James Lovelock, le père de l'hypothèse de Gaïa , a inventé la machine qui sert à détecter les CFC dans l'atmosphère. Il était alors scientifique indépendant et ne travaillait pour aucune institution.

 

Peu après, trois scientifiques, Sherwood Rowland, Mario Molina et Paul Crutzen ont démontré qu'il y a un lien entre la baisse de l'ozone et l'émission de produits chimiques fabriqués par l'homme. Ils ont obtenu pour cela le prix Nobel en 1995.

 

  Grâce à ces scientifiques, et grâce à la mobilisation rapide de la communauté internationale, on a réussi à éviter la catastrophe. Mais de justesse, et par chance en quelque sorte, car si les industriels de la chimie avaient utilisé du brome au lieu de chlore, note Tim Flannery, la crise écologique aurait été bien plus grave. 

Marie Lise Chanin, directeur de recherche émérite au CNRS, revient sur la découverte du "trou" d'ozone

         

       

   Christine David, chercheuse au service d'aéronomie à l'Institut Pierre-Simon Laplace souligne : " Il y a encore de grandes incertitudes au sujet de la reconstitution de la couche d'ozone" ;  pour ses travaux, elle s'est rendue au Pôle Nord et au Pôle Sud.

 

 

 

Grâce aux satellites de la NASA, elle peut

visualiser le trou de la couche d'ozone en ce début septembre 2007 au dessus du Pôle Sud.

"On ne peut encore rien en déduire, il est trot tôt dans la saison."

Ce qui est sombre, du noir au violet, correspond au trou de la couche d'ozone. On peut suivre son évolution sur le site de la Nasa:   

 « L'an dernier, dit Christine David, on a connu un trou d'ozone record, le plus grand depuis l'an 2000 ». Et on le voit sur ces deux images satellitaires mises côte à côte, le trou en 2006 ( à droite) n'était pas moins grand qu'en 1987, année de la signature du Protocole de Montréal ( à gauche).

 « Et pourtant, poursuit Christine David, il y a une petite amélioration en moyenne depuis l'an 2000, et l'interdiction des CFC est une réussite, car on peut avoir bon espoir de réparer la couche d'ozone au courant du siècle « .

 

            

 

Sans un accord international,  le trou d'ozone aurait sans nul doute continué à grandir. Selon le Programme de l'Onu pour l'Environnement, 95% des substances nocives sont déjà - en principe - éliminées. Seulement il existe toujours un trafic clandestin de ces substances, dont le prix va en augmentant, ainsi que de nombreuses décharges sauvages dans le monde où l'on se débarrasse des vieux réfrigérateurs.

 

  Quel est le lien avec le réchauffement climatique ? Il y en a plus d'un.

D'abord la lutte contre le trou d'ozone  montre qu'à partir d'un constat scientifique, il est possible d'arriver à une mobilisation internationale rapide. Il est vrai que dans le cas des CFC, les industriels avaient dans leurs tiroirs des produits de remplacement, les HCFC, et les HFC, autres produits de la chimie industrielle, que l'on retrouve à présent dans les climatiseurs et les réfrigérateurs. La décision d'arrêter les CFC a donc été d'autant plus facile qu'il existait une alternative.

Malheureusement, ces produits de remplacement sont mauvais pour le climat, car ce sont des gaz à effet de serre. Il faudra donc également leur trouver rapidement des produits de substitution, y compris dans les pays en développement.  Lutter pour préserver la couche d'ozone et pour stabiliser le climat sont donc des objectifs qui sont liés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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