PERMAFROST : la fonte

Publié le par blog-petitechroniquedelaterre-tf1

Un trésor sous le permafrost de Sibérie

 

 

 

Cette défense de mammouth, à elle seule, va permettre à une famille sibérienne de vivre pendant toute une année. Elle vaut sur le marché 200 000 roubles (5673 euros), selon l’estimation de ce marchand.

En avril dernier, un squelette entier de

mammouth sibérien s'est vendu chez Christie's à Paris au prix de 260 000 euros.

Les collectionneurs s’arrachent les restes d’animaux préhistoriques au prix d’une œuvre d’art.

 

 

 

C'est une aubaine pour les habitants de la 

lointaine Yakoutie , une région située à l’est de la Sibérie.

Il   fait ici -50° en hiver, mais parfois +30° en été, et ces dernières années,  le permafrost fond de plus en plus profondément.

Le permafrost, c’est un terrain gelé à cœur, qui ne fond en été que sur 1 à 2 cm d’épaisseur en surface. Mais depuis quelques années, la fonte est plus importante car les températures ont augmenté d’environ 2°  dans cette région au cours des 30 dernières années. 

 Et dans le sol gelé qui par endroit s’est transformé en boue, on peut donc déterrer plus facilement les restes des mammouths et des bisons qui autrefois, il y a quelques dizaines de milliers d’années, parcouraient ces plaines en immenses troupeaux.

 

 

 

Mais le réchauffement du climat n’a pas que des avantages : 

 

 

 

 

 

 

Avec le dégel, il se produit en surface toutes sortes de désagréments : les routes se ravinent, se fissurent, deviennent impraticables.

La végétation n’a pas de sol solide où s’accrocher, et même les fondations des maisons se mettent à chanceler. Des images envoyées par l’agence de presse britannique Reuter montrent des maisons fissurées dans la ville de Cherskiy, elles sont pour la plupart abandonnées et devront être démolies. 

 

 

 

Mais c’est sous la terre que réside le plus grand des dangers :

Ce scientifique russe réputé, Sergei Zimov, directeur de recherche de l’Institut des Sciences de Yakoutie,  tient dans sa main une « bouse » de mammouth !

 

 

 

Comme les os, comme l’herbe et les végétaux datant du quaternaire, comme les bactéries aussi, elle a été préservée pendant des millénaires dans la glace. Mais à présent, avec le réchauffement, les bactéries vont commencer leur œuvre de digestion. Et cela produira du gaz carbonique et du méthane, deux puissants gaz à effet de serre.

 L’activité des bactéries elle-même contribuera à réchauffer la terre, et donc à faciliter l’émission de gaz à effet de serre : «  c’est ce qu’on appelle l’effet Zimov », explique Gilles Ramstein, chercheur à l’Institut Pierre-Simon Laplace , spécialiste du permafrost et du méthane.

 

 

Le méthane, justement. C’est lui qui se trouve en grande quantité piégé dans le permafrost.

 

 Par exemple, avec le dégel, il se  forme des lacs, et l’on voit à la surface crever des bulles de gaz : c’est du méthane, pratiquement du gaz naturel.  

 

 

 

Quelle peut être l’envergure de ces dégagements de gaz à effet de serre issus de la fonte du permafrost ?

Il peut être considérable, car

on trouve le permafrost dans les régions polaires de l’Asie et de l’Amérique, et les géographes estiment qu’il couvre plus de 10 millions de km2, soit 20 fois la surface de la France.  

 

 

 

"On peut considérer, indique Gilles Ramstein, que si tout le permafrost se mettait à fondre maintenant, cela libèrerait dans l’atmosphère l’équivalent de 70 ans d’émission de carbone au rythme actuel. C’est considérable. Et dans ces émissions, il y aurait beaucoup de méthane, qui est un redoutable gaz à effet de serre. « 

 Bien sûr, tout le permafrost ne va pas fondre instantanément, mais cela peut aller très vite, car le réchauffement est amplifié dans ces régions arctiques, et des scénarios moyens de réchauffement envisagent une hausse de 8° autour du cercle polaire d’ici la fin du siècle. 

 

"Toute la question est de savoir à quelle vitesse le permafrost va fondre, et quelle épaisseur cela concerne exactement, poursuit Gilles Ramstein, car si la fonte est trop rapide et trop importante,  les océans ne pourront pas absorber leur quantité habituelle de gaz, et le réchauffement sera amplifié.  La fonte du permafrost risque en fait de nous faire basculer 50 ans en avant dans nos prévisions de réchauffement" conclut Gilles Ramstein,

 "D’où l’importance d’expliquer les choix de développement que nous faisons, comme c’est le cas actuellement dans le Grenelle de l’Environnement. Le futur est tout proche, ce sont nos enfants qui vivront toute cette transformation du climat".

 

 

 

Gilles Ramstein est l’auteur avec Gérard Lambert , Jérôme Chappellaz, et Jean-Paul Foucher d’un ouvrage sur le méthane, redoutable gaz à effet de serre : « Le méthane et le destin de la Terre » chez EDP Sciences. C’est un ouvrage scientifique, un peu ardu, mais passionnant.

 

 

 

 

 

 

 

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Clement 22/09/2007 00:36

si effectivement méthane et Co2 sont à "effet de serre", les quantités necessaires de libération de ces gaz  pour augmenter d'un degré la température moyenne à la surface du globe devraient être telles que nous mourrions asphixiés avant. (Pour info, le principal gaz à effet de serre, et de loin,  est... la vapeur d'eau !). Et même si cette fois, la démonstration est correcte : c'est l'augmentation des températures (liée en grande partie à l'activité solaire)  qui libère des gaz à "effet de serre", en non pas les gaz qui augmentent la température ! la conclusion est quand à elle purement fantaisiste et alarmiste !