Gaz à effet de serre: développer les mesures

Publié le par blog-petitechroniquedelaterre-tf1


Comment mesure-t-on au jour le jour les gaz à effet de serre ?

Ces gaz ont la capacité d’emmagasiner la chaleur près de la surface de la Terre, de s’accumuler et de persister  dans l’atmosphère. Ils sont donc responsables pour longtemps du réchauffement climatique.

 

 

 

Au niveau mondial, les premières mesures datent des années 1950, à Hawaï et au Pôle Sud.

 

 

 

"En France, explique Michel Ramonet ( CNRS-CEA),les premières mesures datent d’il y a 25 ans ". Michel Ramonet a installé en 1981 sur l’île d’Amsterdam, dans le sud de l’Océan Indien, la première station d’observation atmosphérique. L’île d’Amsterdam fait partie des Terres Australes Françaises. Plus tard, à partir de 2001, 4 autres stations de mesure en continu ont suivi en France : au Puy de Dôme, à Gif sur Yvette sur le toit du Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement, à Biscarosse, et il y a quelques mois, en forêt d’Orléans, à Trainou.

 

 

 

Les chercheurs utilisent à Trainou une tour de 180 mètres de haut qui appartient à Télédiffusion de France. Ils y capturent toutes les 5 minutes plusieurs gaz à effet de serre, à 3 niveaux d’altitude : 180 mètres, 100 mètres, 50 mètres. Les gaz en question sont le CO2, le méthane, le protoxyde d’azote et l’hexafluorure de soufre.

 

 

 

« En fait les hautes tours bien situées sont difficiles à trouver, explique Michel Ramonet  . Alors que pour la météo on dispose de points de mesure presque partout dans le monde, la climatologie est une science récente, on compte seulement une centaine de stations de mesures en continu dans le monde, et il y a de vastes zones  où l’on ne fait aucun prélèvement. C’est le cas en Sibérie, en Afrique, en Amérique du Sud «.

 Et là où elles existent, les stations de prélèvements en continu ne sont pas encore suffisamment nombreuses.

 «  Il n’est pas encore possible de ce fait de connaître les variations de concentration de gaz à effet de serre à l’échelle d’un pays, par exemple les différences entre la France et l’Allemagne.  En raison de la faible densité du réseau de mesures nous ne pouvons faire des estimations des sources et puits de gaz à effet de serre qu'à l'échelle des continents ».

 

   Grâce à ces mesures, que constate-t-on ?

Toutes les explications de Michel Ramonet.

        

 

 

 

Pour 2008, on attend une petite révolution dans la mesure des gaz à effet de serre : le lancement d’un satellite – américain- dédié à cet effet.

En attendant, le système D est de prélever chaque semaine deux litres d’air dans différents endroits du monde. C’est artisanal et assez fascinant : les flacons remplis d’atmosphère sont acheminés avec mille précautions jusqu’aux laboratoires où ils sont analysés, comme ici à Gif sur Yvette. Le laboratoire français est responsable d’une quinzaine de sites, choisis dans des endroits plutôt isolés, loin des sources de pollution locale : à l’Ile Grande, au Pic du Midi, sur la Costa Brava , en Crète, en Inde. 2000 échantillons sont mesurés par an. D’autres mesures de ce type sont faites aux Etats-Unis, en Allemagne, au Japon, ou en Australie.

 

 

 

Grâce à toutes ces mesures, on sait que la concentration de gaz à effet de serre a déjà augmenté globalement d’environ un tiers depuis le début de l’ère industrielle. On la mesure en « parties par million ». Par exemple, pour le gaz carbonique, on  est  passé de 280 ppm à 380 ppm actuellement, ce qui signifie 380 molécules de CO2 pour un million de molécules d’air. Ce n’est pas beaucoup en volume, mais cela suffit pour augmenter la température mondiale de plusieurs dixièmes de degrés, principalement dans l'hémisphère nord.  

 

 

 

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Cyril Messager 15/03/2008 19:13

Si vous souhaitez en savoir plus sur la station de mesure des gaz à effet de serre de Trainou, suivez le lien: http://cyril.messager.free.fr/trainou.html