Kerguelen : sentinelles du climat

Publié le par blog-petitechroniquedelaterre-tf1

 
Cela fait 50 ans que des études sont menées aux Iles Kerguelen, sur les grands prédateurs marins.

Cet archipel fait partie des Terres Australes et Antarctiques Françaises , il est très isolé dans le sud de l'Océan Indien. On y accède depuis La Réunion par bateau, à bord du Marion Dufresne, un navire océanographique géré par les TAAF et par l'Institut Paul Emile Victor.

Ces photos et les séquences vidéos ont été prises par des scientifiques : Philippe Labat, de Paris VI, Marc Le Romancer, de Brest-Iroise, et Christophe Guinet, chargé de recherche pour le CNRS au Centre d'études biologiques de Chizé. Merci à tous les trois .

Ces scientifiques vont  repartir en décembre aux Iles Kerguelen, pour des recherches passionnantes : la connaissance des modes de vie des grands albatros, des manchots royaux et des éléphants de mer.

 

Ils disposent depuis une quinzaine d'années d'outils nouveaux et performants : ce sont des balises Argos, que l'on fixe sur certains de ces animaux .

On peut suivre de cette manière les itinéraires que prennent les animaux pour se reproduire et se nourrir , y compris dans les profondeurs de l'Océan Austral, car les éléphants de mer peuvent plonger jusqu'à -1500 mètres. Et de ce fait, on peut mesurer également la température et la salinité de l'eau.

 Les données sont transmises via les satellites jusqu'aux labos de recherche en France.

Les animaux ne sont pas farouches aux Kerguelen, car ils ne sont pas chassés " Il est plus facile de travailler là-bas avec des éléphants de mer qu'en France avec des chevreuils," dit Christophe Guinet .

 

On attrape donc l' éléphant de mer ( c'est assez sportif ), on l' endort, on le mesure, on le pèse, ( une femelle de préférence, l'animal est moins lourd, seulement 300 à 500 kg ) et on l' équipe d'une balise Argos : tout ceci est raconté dans cette séquence filmée par les scientifiques en novembre 2006 aux Kerguelen:

                         

Que nous apprennent ces études ?

 Bien que le réchauffement global ne soit pas encore mesurable au Pôle Sud, on sait déjà que les grands prédateurs marins sont sensibles aux fluctuations de la banquise et du front polaire, dès que les températures se réchauffent .  

Les explications de Christophe Guinet, en ce qui concerne les éléphants de mer.

                        

 

Même constat pour les manchots royaux : ils sont eux aussi équipés d'une balise Argos - plus petite - et comme l'on connait bien à présent leurs habitudes alimentaires, les chercheurs ont pu mettre en évidence que toute hausse de température les affaiblit.

                              

"Ces grands prédateurs marins sont des sentinelles du changement climatique", dit Christophe Guinet, qui est un chercheur passionné.

 Le suivi de ces animaux va certainement passionner également les élèves du primaire et du secondaire d'ici quelques semaines, car les professeurs vont pouvoir l'intégrer dans leur projet pédagogique : c'est le programme Argonimaux, développé par l'Education Nationale et le CNES.

Il sera présenté officiellement en novembre.

 

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