Alpes: un observatoire du réchauffement

Publié le par blog-petitechroniquedelaterre-tf1

L'automne à Bonnevaux, dans le Val d'Abondance, en Haute Savoie.

 

 

 

Ces photos sont signées Dominique Adam . Amoureuse de la nature, adepte de randonnée, elle photographie sa région  et sa commune d'adoption au fil des saisons.

 

 

 

« Pendant l'hiver 2007,  note Dominique Adam, l'absence de neige a été très prononcée. Ainsi le sommet photographié à la mi-janvier est à 2200 mètres.

 

 

Les températures étaient tellement douces que les fleurs sont apparues en janvier, ici des tussilages. Il y a eu aussi des perce-neiges, des gentianes, des primevères. Globalement toute la végétation a eu environ un mois d'avance. Les oiseaux n'ont jamais fréquenté les mangeoires, preuve qu'il y avait assez de nourriture naturelle.

 

  

En avril, l'été explose, et donc il n'y a pas eu de printemps. Le peu de neige a fondu. Les bouquetins photographiés sont à 1900 mètres. Les fleurs surveillées poussent avec 15 jours à 1 mois d'avance. « 

 

 

 

 

 Dominique Adam parle notamment des lilas dont elle surveille l'évolution au fil des saisons pour le compte du CREA (Centre de Recherche sur les Ecosystèmes d'Altitude). Cette association à vocation scientifique s'appuie sur l'observation de citoyens bénévoles pour noter les modifications de la végétation dans les Alpes en fonction du climat.

 

 Plus d'une centaine d'observateurs participent déjà à ce programme. En ce moment, Dominique observe et note le moment de la chute des feuilles de trois frênes dont elle suit l'évolution, tout près de sa maison de Bonnevaux, à 1000 mètres d'altitude.

 Ce programme, qui s'appelle « phénoclim », est également adopté par des instituteurs, qui l'intègrent dans leur enseignement. 

 

 

Le CREA a commencé son programme en 2004 ; son siège est à Chamonix. Anne Delestrade, qui l'anime, fait appel à tous les volontaires qui résident en montagne entre 200 et 2000 mètres. 

 «  Cette méthode d'observation scientifique et citoyenne est d'origine anglo-saxonne, dit Anne Delestrade,  en France le procédé est assez nouveau. Nous n'avons pas de données historiques. Ce style d'observation s'est arrêté au début du XXème siècle. Mais cela reprend, le CNRS vient de l'adopter à son tour, c'est « l'observatoire des saisons », qui concerne aussi les observations de plaine ."

 

En montagne, dans les Alpes,  l'automne est particulièrement somptueux, on voit les couleurs qui s'étagent, avec la dominante orange des hêtres et des érables.

 

 

Voici d'autres photographies prises

par Dominique Adam.

 

Elles ne datent pas toutes de cet automne, mais, note-t-elle, « tôt ou tard, plus ou moins rapidement, nous avons toujours droit à cet embrasement de la forêt (fort attendu...); »

     

 

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