Canal de Panama: les écluses testées à Lyon

Publié le par blog-petitechroniquedelaterre-tf1


Le nouveau canal de Panama commence à se construire à Lyon .

  

C'est en effet au Port Edouard Herriot, dans le bassin d'essai de la Compagnie Nationale du Rhône, que l'on teste actuellement et jusqu'à la fin du mois de mars 2008 une nouvelle série d'écluses pour le Canal : Elles vont accueillir les plus grands bateaux du monde, ceux qui jusqu'ici devaient passer par le Cap Horn pour passer d'un Océan à l'autre.

                                        

Un consortium franco-belge a remporté l'appel d'offre, devant les américains.

  








 

 

 

« Ce sont nos expériences des écluses fluviales sur le Rhône et celles des Belges dans le Port d'Anvers pour ce qui est des écluses maritimes qui ont fait la différence", dit Jean-Louis Mathurin, directeur de l'ingénierie de la CNR .

 

 


Vendredi 9 novembre : première mise à l'eau d'un modèle réduit, réplique au 30ème d'un de ces super porte-containers qui vont pouvoir traverser le canal de Panama en 2015.

On appelle ces grands cargos des  « Post-Panamax ». Ils mesurent 366 mètres de long et peuvent transporter 12 000 containers, soit deux fois plus que les cargos actuels. C'est la première fois au monde que l'on va faire passer ces bateaux géants dans des écluses. Elles seront les plus grandes jamais construites :

 


« C'est l'équivalent  d'un immeuble de 10 étages qui va glisser latéralement sur une longueur de 60 mètres pour faire passer les bateaux »  dit Mattia Scotti, responsable du Laboratoire.

Voici la modélisation du passage de ces nouvelles écluses, faite par l'Autorité du Canal de Panama. On y voit bien la technique utilisée : celle des écluses coulissantes et des bassins d'accumulation d'eau de part et d'autre des sas.

 

             

L'élargissement du canal de Panama est un défi technologique, mais aussi écologique. Un siècle après le  percement de l'isthme, qui avait dynamité et bouleversé l'écosystème,- sans compter les 20 000 morts du chantier - l'enjeu est à présent d'économiser l'eau et de préserver la biodiversité. On mesure le chemin parcouru.

« Dans notre cahier des charges,  nous avons le devoir de travailler dans une optique de développement durable, précise Jean-Louis Mathurin. Nous avons mis au point des bassins d'accumulation d'eau pour alimenter les nouvelles écluses. Elles permettent de réutiliser 60% de l'eau à chaque passage, et nous n'aurons pas besoin de créer de barrages ni d'ennoyer une partie des terres comme cela avait été le cas, lors du percement du canal en 1914 ».

   

La précision est importante, car les agriculteurs panaméens craignent en effet que l'on utilise leurs terres et leur eau pour agrandir le canal.

 

Le Panama s'est engagé dans un chantier évalué à 5 milliards de dollars au moins. Pourtant  l'investissement est gagnant si le trafic maritime continue à augmenter au rythme actuel de 3% par an. 14 000 cargos empruntent le canal chaque année ; ils payent leur droit de passage en fonction de leur taille et du poids de leur cargaison. Voilà pourquoi les super-conteneurs sont les bienvenus au Panama !

   

Le réchauffement climatique risque pourtant de bouleverser les prévisions. Lorsque le fameux passage du Nord-Ouest, au Pôle Nord, se libèrera de ses glaces, d'ici 2050,  les canadiens vont réclamer à leur tour une partie de la manne considérable que génère le transport maritime entre Atlantique et Pacifique.

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