Réchauffement et montée des eaux

Publié le par blog-petitechroniquedelaterre-tf1


Réunis en ce moment aux Maldives, 26  états insulaires du Pacifique tentent de définir une stratégie qui sera présentée à la prochaine conférence du GIEC, du 3 au 14 décembre à Bali.

Ces petites îles basses, comme les Tuvalu, les îles Tonga, et les Maldives elles-mêmes,  craignent que la montée des eaux ne les fasse disparaître.

 

 Sur la montée des eaux, que sait-on ?

 

 Voici le diagnostic d'Annie Cazenave, membre de GIEC et de l'Académie des Sciences. Nous l'avons rencontrée à Toulouse, dans les locaux de la CLS , une filiale du Centre National d'Etudes Spatiales qui exploite les données envoyées par une trentaine de satellites placés en orbite. Les instruments embarqués à bord des satellites peuvent mesurer la hauteur des eaux avec une étonnante précision ; on connait ainsi les variations des océans d'année en année, au dixième de millimètre près ;   

   « Il n'y a pas de doute, dit Annie Cazenave, la mer monte, et la montée s'accélère »

 

          

 

        Récapitulons, grâce à Annie Cazenave et aux travaux du GIEC :

 On estime que la montée des eaux a été de 17 cm au cours du XXème siècle. Dans les 15 dernières années, la vitesse a presque doublé, passant de 1,8 mm à 3,1 mm par an. 

  Le phénomène est dû à 50% à la dilatation  des eaux. L'Océan « gonfle » sous l'effet de la hausse des températures. «  L'Océan est un réservoir de chaleur, dit Annie Cazenave, et l'eau de toute façon va continuer à se dilater, quoi que l'on fasse ».  

 

  Les autres causes de la hausse du niveau des mers sont également révélées par les satellites.

Ils ont mesuré que les glaciers de montagne perdent du volume partout dans le monde, comme ici le grand glacier d'Aletsch en Suisse. La photo a été prise par le glaciologue Sylvain Coutterand au cours de l'été 2006.

Cette fonte des glaciers contribue pour 1mm/an à la montée des eaux. 

 

Ce qui diminue aussi en volume, ce sont les glaces d'eau douce des régions côtières de la calotte du Groenland . On sait ainsi que depuis 1992, la fonte du Groenland contribue pour 0,3mm à l'élévation du niveau des mers. La précision des mesures est stupéfiante !

Quant au Continent Antactique, il fond sur sa côte Ouest, face à l'Amérique du Sud, mais a tendance à refroidir et à s'épaissir sur les côtes Est. Le bilan est donc à peu près nul.   

Pour l'avenir :

Les projections estiment que l'élévation des eaux sera de l'ordre de 20 à 50 cm d'ici 2100.

    Ce qui est inquiétant, c'est que les modèles mathématiques dont se sert le GIEC ne prennent pas en compte le comportement du Groenland et de l'Antarctique.  « L'instabilité des calottes polaires n'est pas modélisée, dit Annie Cazenave, or si le Groenland se mettait à fondre, cela provoquerait une hausse de la mer de 7 mètres. Et si l'Ouest du continent Antarctique dégelait, comme il en donne des signes actuellement,  cela provoquerait également une hausse de 6 à 7 mètres. » 

 

Conclusion : il y a une grande incertitude sur le futur, et les petits états insulaires du Pacifique ne sont pas les seuls à être concernés par l'élévation du niveau des eaux au cours du siècle à venir.  

 

  

   

   

   

 

 

 

 

 

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