Balises Argos sur les animaux des Pôles

Publié le par blog-petitechroniquedelaterre-tf1

Les animaux des pôles n’ont pas la possibilité de se réfugier ailleurs. Quand leur environnement se modifie, ils n’ont d’autre alternative que de s’adapter ou disparaître. La hausse des températures en Arctique perturbe déjà ces espèces.  

Mais comment connaître au plus près ours blancs, morses, cétacés, oiseaux migrateurs, qui parcourent de grandes distances pour se nourrir et vivent dans un environnement hostile à l’homme ?

L’une des méthodes employées depuis 20 ans déjà, et qui se perfectionne de plus en plus, est de faire appel à la technologie spatiale. Les chercheurs vont sur le terrain, et sélectionnent des animaux qu’ils  équipent de balises Argos.
Voici des images révélatrices du travail de ces scientifiques : elles ont été tournées par l’Institut Polaire Norvégien. On voit comment ils s’y prennent avec les  phoques, les ours, les morses, les bélougas que l’on appelle aussi baleines blanches.

 

 



Précision : la balise Argos du phoque est « collée » sur son dos. Elle partira naturellement au bout d’un an, lorsque le phoque va muer.

 Le morse, lui, n’aura pas cette chance. C’est à force de temps et d’usure que la balise Argos enserrée sur sa défense se libèrera. Pour lui poser l’instrument, on le calme en lui cachant  les yeux avec une serviette. 







Pour pouvoir approcher l’ours polaire, il est nécessaire de l’immobiliser en tirant depuis un hélicoptère avec un fusil à injection, et une fois l’animal étendu à terre, on voit aussi les chercheurs utiliser une piqure de tranquillisant. Après quoi ils pourront lui enfiler un collier émetteur qui livrera la position de l’ours 6 fois par jour.  Comme l’ours sera suivi par satellite, ils pourront aller lui retirer le collier selon le même procédé au bout d’un an ou deux.



La filiale du CNES appelée CLS ( Collecte Localisation Satellites) est, à Toulouse,  le point convergent de toutes les informations envoyées par les balises Argos dans le monde. Il y a un satellite Argos qui passe au dessus des Pôles toutes les 20 minutes, et 1300 balises ont été  placées  sur des animaux vivant dans les régions polaires.

En Antarctique, les chercheurs français ont beaucoup travaillé sur les albatros, les manchots et les éléphants de mer. (Voir l’article du blog : études sur les animaux des Iles Kerguelen ). Grâce aux balises Argos, ils ont pu mettre en évidence que leur reproduction et leurs déplacements pour se nourrir étaient étroitement liés à la température de l’eau.

Toutes ces recherches partent d’une même conviction de la part des chercheurs : 




Comme le dit Yvon Le Maho , directeur de recherche au CNRS : "Si on n’agit pas pour préserver la biodiversité, on n’arrivera pas à lutter contre le réchauffement climatique, car la vie n’est pas simplement un décor". 

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