Mer Noire: les suites de la tempête

Publié le par blog-petitechroniquedelaterre-tf1

Le 11 novembre dernier, une tempête exceptionnellement violente avec des vagues de 8 mètres de haut provoquait naufrages et pollution en Mer Noire, plus précisément dans le Détroit de Kertch qui relie la Mer Noire et la Mer d'Azov.

Une dizaine de personnes sont mortes , un

vieux pétrolier s'est fendu, des cargos ont sombré  et des milliers d'oiseaux se sont longuement débattus dans les nappes mazoutées.

 

 Une équipe de spécialistes de  l'IFAW, le Fonds International pour la Protection des Animaux, s'est rendue sur place à la demande de la Russie pour évaluer l'impact sur la flore et la faune.

Mais  une semaine après la catastrophe, il était déjà trop tard ! 

 

 Toutes les photos qui suivent ont été prises par Grisha Tsidulko, de l'IFAW- Russie.

On voit ici le Dr Valeria Ruoppolo (coordinatrice pour les situations d'urgence) et Igor Beliatski, le spécialiste russe de l'organisation.

 Et voici leur triste conclusion : « Les oiseaux marins de la Mer Noire n'ont pas pu être sauvés. Traiter des oiseaux mazoutés est une opération complexe, qui nécessite toute une infrastructure, de grands bâtiments chauffés, alimentés en eau et en électricité, des équipements spécialisés pour les sauveteurs locaux. Sans l'appui d'un service organisé, les soins ne peuvent pas être couronnés de succès et les animaux finissent par subir de grandes souffrances dans les mains de personnes inexpérimentées qui tentent de les secourir avec peu ou pas de moyens. »

 

 

 

Les oiseaux mazoutés sont régulièrement le symbole des marées noires. Comme les 2 petits grèbes castagneux sur la photo du haut et ce grèbe huppé, tout collant de fuel.  

Les photos ont été prises sur une plage, en bordure de la Mer Noire, or « le grèbe huppé en particulier est une espèce qui ne vient à terre que pour se reproduire et élever ses petits. Il vient à terre uniquement s'il est mazouté, s'il ne peut plus flotter ou maintenir sa chaleur corporelle lorsqu'il est à la surface de l'eau », indiquent les spécialistes.

 

 

 

Et maintenant ?

Barbara Callahan, au nom de l'IFAW et du Centre International d'Etudes sur le Secours aux Oiseaux, basé en Californie, indique que le pétrole qui est à l'heure actuelle saisi dans les glaces peut très bien remonter à la surface au printemps prochain lorsque les températures s'adouciront. Et la pollution resurgira. Voilà pourquoi dès la fin du mois de janvier des officiels russes viendront suivre une formation aux Etats-Unis.

 « 2 responsables de l'IFAW retourneront ensuite en Russie pour les aider à mettre en place un centre de secours adapté à la faune sauvage mazoutée. Les intervenants locaux recevront aussi une formation pratique ».

 

 En matière d'environnement, l'expérience acquise lors des catastrophes se transmet de pays à pays. Mais la sensibilité aux problèmes d'environnement est encore très inégale. Par exemple, la notion de « crime écologique » est encore une idée neuve. Les américains ont ouvert la voie à la suite de la marée noire de l'Exxon Valdez, en 1989, qui s'est déversée dans un site préservé de l'Alaska. Le 16 janvier à Paris, lors du jugement de l'Erika, on verra si les parties civiles au procès obtiennent également un dédommagement pour les atteintes faites à la nature.

 

  A l'approche de Noël, l'IFAW a pris l'initiative de créer un calendrier de l'Avent des Animaux. Grâce à lui, les internautes sont invités à partir à la rencontre du règne animal tout autour du monde. Chaque jour il y a un tirage au sort qui permet de gagner des décorations de Noël fabriquées par des femmes de townships d'Afrique du Sud. Il est encore temps de le consulter et de jouer !

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