En Belgique, un plan contre la montée des eaux

Publié le par blog-petitechroniquedelaterre-tf1

C'est un effet du réchauffement climatique.  On a mesuré que le niveau de la Mer du Nord a augmenté de 25 cm au cours du XXème siècle, et on s'attend à une hausse de 60 cm au moins dans le siècle à venir, avec des tempêtes de plus en plus nombreuses.

 

La ville d'Anvers  est posée au bord de l'estuaire de l'Escaut. Elle n'est située qu'à 30 mètres du fleuve, et les 450 000 habitants peuvent craindre plus que jamais les inondations.

 Ce n'est pas le fleuve qui gonfle, c'est la Mer du Nord qui s'engouffre de plus en plus violemment dans l'estuaire, surtout en période de grandes marées. En cas de tempête d'équinoxe, une marée de 3 mètres en mer peut monter jusqu'à 8 mètres au fond de l'estuaire, qui agit comme un entonnoir.

 

Comment se protéger de la montée des eaux ?

Après les grandes inondations de 1976, on a construit à Anvers un mur anti-tempête, en fait un petit muret de 1m35 de long qui serpente sur 6 km et qui sépare le fleuve de la ville. Par endroit, on  le franchit grâce à un escalier.

 

Il comporte aussi une vingtaine de portes, des passages qui peuvent se verrouiller en coulissant lorsque la mer monte trop haut.

 

Cela se produit à présent une à deux fois dans l'année, récemment encore au mois de novembre 2007. 

 

 Mais ce petit muret ne va plus suffire.

La ville d'Anvers va donc se protéger en érigeant un autre mur plus élevé, de 2,25 mètres  de haut.

  

Pour l'instant il n'existe encore que sur ordinateur : les architectes espèrent le rendre en partie transparent pour ne pas complètement séparer la ville du fleuve qui lui  donne sa prospérité. Ce mur pourrait aussi comporter une partie supérieure mobile à volonté. C'est un projet qui va se réaliser dans les 4 ans qui viennent.  

 

 

 

 

 Par ailleurs, pour casser la force des marées, on est en train de sacrifier le long de l'Escaut 600 hectares de terres agricoles pour les transformer en zones d'inondation contrôlée, grâce à des écluses côté fleuve. A chaque marée, ces zones d'inondation absorbent une partie de l'eau du fleuve, pour l'évacuer à marée descendante.

On voit ici les premiers travaux entrepris pour isoler une zone d'inondation.

 

 Tom Maris, universitaire et ingénieur agronome a réussi à convaincre les autorités qui ont adopté son plan.

Sa philosophie est la suivante : "Il faut redonner de l'espace à la rivière en laissant les marées entrer et sortir dans des espaces bien maîtrisés et délimités".

C'est une stratégie nouvelle pour se protéger de la montée des eaux. Elle n'a pas été facile à expliquer aux agriculteurs, qui n'ont pas beaucoup de terres disponibles dans cette région. Cependant elle est indispensable pour assurer la sécurité, et en plus souligne Tom Maris, "elle restaure l'habitat naturel de la flore et de la faune".

Selon un rapport de l'OCDE publié le 4 décembre 2007, les changements climatiques et l'urbanisation pourraient exposer 150 millions d'habitants dans le monde à un risque d'inondations cotières d'ici 2070 contre 40 millions actuellement.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

geronimo 29/12/2007 19:39

Méme si la mer du nord n'est plus indiquée en cours de géo aux enfants, la flandre française qui a connu les transgressions dunkerquiennes devrait beaucoup souffrir.
Sans compter que les inondations étaleront toutes les pollutions de la zone Calais-Dunkerque.
Vu le traitement de l'info sur l'usine Paris Outreau à Boulogne s mer, je ne me fais aucune illusion.