Au Pérou, un naufrage dû à la surpêche

Publié le par blog-petitechroniquedelaterre-tf1


Ce bateau est victime de son avidité. Il coule sous le poids des poissons pêchés. Et pourtant ce n'est pas un clandestin .

Pour leur sécurité, et pour protéger leurs ressources marines, de plus en plus d'états obligent les bateaux qui entrent dans leurs eaux territoriales à être équipés d'un dispositif qui permet de les identifier et de tracer leur itinéraire.

Le Pérou, qui tire une bonne partie de ses revenus de la pêche, a confié à une filiale du CNES à Toulouse , CLS (Collecte Localisation Satellites), la mission d'équiper ses bateaux de pêche d'une balise Argos. C'est un moyen efficace pour lutter contre la pêche illégale et faire respecter les périodes de pêche autorisées. Si un bateau équipé d'une balise ne respecte pas la règlementation, on le voit en temps réel dans la salle de contrôle de CLS à Toulouse ! Et si un bateau « s'arrange » pour neutraliser sa balise Argos ( il y a des techniques artisanales pour le faire), on le sait aussi, car une balise qui n'émet pas déclenche une alerte au bout d'une heure de silence suspect. 

" Les autorités maritimes font alors une enquête , indique Gérard Sirech, directeur de CLS-Pérou, mais la procédure qui mène à l'amende peut durer 5 à 6 ans ".

 

 C'est dans ce contexte que  Gérard Sirech s'est vu remettre par un pêcheur la vidéo que l'on peut voir plus loin. Un bateau fait naufrage car il a voulu remplir ses cales à ras bord.

« Ce film était sans doute un moyen de nous démontrer que la balise avait cessé d'émettre pour cause de naufrage , et aussi faire preuve vis-à-vis de l'armateur » 

 

  Les bateaux pêchent en groupe, à l'aide d'un filet tournant, ils aspirent des bancs entiers d'anchois. Il suffit ensuite d'une petite vague pour les faire giter. Les bateaux ne sont pas des clandestins, ils pêchent en fonction des quotas , mais quand on voit les torrents de poissons qui se déversent dans les cales, on a vraiment l'impression qu'ils sont en train de vider la mer.

La vidéo date du moi de mai 2007, elle a été prise au large du port de Pisco.

 

               

Les pêcheurs naufragés ont tous pu être sauvés..

Précision de Gérard Sirech : "Ce naufrage n'a rien d'exceptionnel au Pérou. Il s'en produit une dizaine par an ; comme le gouvernement fixe des quotas  sur des périodes de pêche qui peuvent varier au jour le jour, les pêcheurs se dépêchent pour être les premiers et pour amasser le plus de poissons possible, au détriment de la sécurité. »

 

 L'an dernier au Pérou, le quota d'anchois autorisé était de 5 millions de tonnes. Cette pêche est essentiellement exportée sous forme de farine de poissons ; elle aboutit en Chine, où elle sert de nourriture aux poulets. Les quotas sont fixés par le gouvernement sur recommandation des scientifiques. Ce qui influe sur la ressource en poisson, ce sont les conditions climatiques : chaque fois qu'il y a un épisode El Nino, la population d'anchois diminue, mais le Pérou doit aussi faire face à une importante pêche illégale, car ses eaux sont particulièrement poissonneuses.

 

 « CLS a déjà équipé de balises Argos 11 000 bateaux dans le monde, indique Antoine Monsaingeon, directeur des exploitations Argos, et l'Australie vient de nous confier la protection de sa Zone Economique Exclusive. Dans les eaux territoriales, la balise  Argos a fait la preuve de son efficacité. La France a pu sauver autour des iles Kerguelen la population de morue australe, la légine , en arraisonnant et en sanctionnant  les pêcheurs clandestins ».

Malheureusement plus au large, dans les eaux internationales, on fait ce que l'on veut..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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