Tara, mission terminée

Publié le par blog-petitechroniquedelaterre-tf1

Tara termine sa mission le jeudi 24 janvier 2008. La goélette scientifique  va se positionner pendant un mois dans le fjord de Longyearbyen, la capitale de l’archipel norvégien du Svalbard. Pendant un mois, l’équipe scientifique va démonter les appareils et les transférer sur un autre bateau de recherche, Vagabond, qui  doit encore passer l’an prochain un cinquième hivernage à proximité des côtes de l’archipel. Ensuite Tara rejoindra son port d’attache, Lorient.

 

 

 

Tara avait pour but de rééditer l’expérience faite il y a plus d’un siècle par l’équipe de l’explorateur norvégien Nansen à bord du Fram ; personne ne l’avait tentée depuis lors. De 1893 à 1896, le Fram avait dérivé en se laissant prendre volontairement dans les glaces. Tara a fait de même, mais beaucoup plus vite. Car l’Océan Arctique a changé. Tara a dérivé 3 fois plus vite que les modèles mathématiques ne l’avaient prévu, et 2 fois plus vite que l’équipe scientifique du programme européen Damoclès ne l’avait escompté.

 

 Son coordonateur, l’océanographe français Jean Claude Gascard précise : "Nous n’attendions Tara qu’au milieu de l’été 2008. Elle a 8 mois d’avance sur nos prévisions, et un an d’avance sur le Fram. "

 

 

 

On sait ce qui a changé dans l’Arctique : la banquise est moins épaisse. Deux fois moins épaisse depuis 20 ans, et les » vieilles » glaces pluriannuelles se font rares. La superficie de la banquise a  diminué de 40%, avec une fonte record pendant l’été 2007. Il y a des courants d’air chauds en haute atmosphère : Tara a mesuré le 18 juillet 2006 des températures de 11° entre 800 et 1300 mètres d’altitude !

 

 Ce qu’on ne sait pas, c’est à quel rythme l’Océan Arctique va continuer à fondre. On envisage  qu’il pourrait se libérer des glaces d’ici 20 ans en été, mais sans doute avec une banquise plus résistante au Nord du Groënland. L’autre difficulté c’est que l’on ne sait pas mesurer l’épaisseur des glaces de mer par satellite, d’où un manque de données à entrer dans les modèles mathématiques. De toute façon, la fonte  va accélérer les phénomènes de réchauffement, car l’Océan absorbe 80% des rayonnements solaires, alors qu’au contraire la glace les réfléchit.

 

 En revanche, ce que les satellites sont parvenus à distinguer, c’est que le Groenland change de forme : Il fond à la base et sur le littoral, tout en gonflant au sommet de la calotte du fait de précipitations neigeuses plus importantes. Mais au total, il perd du volume, il fond plus qu’il ne gonfle. « Au rythme actuel, le Groenland va mettre 2000 ans à fondre, précise Frédérique Remy,du Laboratoire de Géologie Spatiale de Toulouse. Le problème, c’est que cela risque de s’accélérer, car selon un scénario moyen de réchauffement calculé par l’Institut Pierre Simon Laplace, les glaces d’eau douce du Groenland auraient une durée de vie de seulement 200 à 300 ans ».

Elles peuvent donc contribuer assez rapidement à élever le niveau de la mer.   

 

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