la Terre vue par les satellites

Publié le par blog-petitechroniquedelaterre-tf1

Les images de la fonte de la banquise au Pole Nord, observée depuis un quart de siècle par les satellites de la Nasa, nous sont devenues familières. Ces images prises depuis l'espace ont révolutionné la connaissance de la Terre.
 
Et ce n'est pas fini ! Pendant l'Année Polaire Internationale, qui dure jusqu'en 2009, les grandes agences spatiales  vont s'échanger gratuitement des images collectées par les satellites polaires.
 
 «  C'est un cadeau formidable pour les scientifiques » m'expliquent Dominique Remy et Etienne Berthier, respectivement directeur de recherche et chargé de recherche au CNRS-LEGOS à l'Observatoire Midi Pyrénées.
 
A Toulouse, ces chercheurs travaillent tout à côté du CNES et des locaux d'exploitation du satellite français SPOT. Mais ils sont loin d'avoir accès à toutes les images satellitaires dont ils auraient besoin, car ces images sont  commercialisées très cher : « environ 6000 euros pour une image SPOT », me dit Etienne Berthier. « Et il faut 2 à 3 passages du satellite pour obtenir une bonne reconstitution du paysage ».
Mais après, quelle précision ! On perçoit des détails qui mesurent 2,50m en taille réelle.
 
Exemple : regardez ce survol époustouflant de la vallée de Chamonix et de la Mer de Glace obtenu grâce au CNES et au satellite français  Spot 5. Etienne Berthier a traité les données envoyées par le satellite à deux jours d'intervalle,les 19 et 23 aout 2003, pendant l'été de la canicule. La Mer de Glace a fondu, elle ressemble un peu à une arête de poisson, et la limite des neiges sur le Mont Blanc est remontée très haut.

Sur le site personnel d'Etienne : http://etienne.berthier.free.fr/,

on trouve d'autres images et informations sur ses recherches.

Outre la série des satellites SPOT, une vingtaine de missions satellites à vocation polaire sont actuellement en vol, équipés de nombreux capteurs. Ils défilent tout autour de la Terre à 800 km d'altitude et passent 14 à 15 fois par jour au-dessus des poles.

 

 « Certains « voient » comme nos yeux voient, m'explique Frédérique Remy, mais l'intérêt c'est aussi et surtout que d'autres « voient » dans des longueurs d'onde qui sont inaccessibles à l'homme" Par exemple en Antarctique: la géographie et le relief de ce continent ne sont vraiment connus que depuis les années 90. Et grâce aux satellites. Bien mieux:  c'est grâce à un satellite américain que l'on a détecté la présence sous la glace, à 3800m de profondeur, de l'immense lac Vostok, grand comme le lac Léman, et qu'on a pu le préserver des campagnes de carottage. Vu d'avion, ce lac serait invisible.

Grâce aux satellites, on peut aussi mesurer la vitesse d'écoulement des glaciers, dont la fonte est accélérée par le réchauffement. La palme revient au magnifique glacier Jacobshavn,  classé au patrimoine mondial de l'Unesco, sur la côte ouest du Groenland.

Ce glacier s'avère être le plus véloce du monde : sa vitesse peut atteindre 42,5 mètres par jour soit 15,5km par an. La fonte de ce glacier serait responsable à elle seule de 4% de la récente élévation des eaux du globe.

  Plus d'informations sur les satellites ? il y a le livre de Frédérique Remy : L'Antarctique, la mémoire de la Terre vue de l'espace (CNRS Editions 2003)

 

 

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