Le Marronnier Officiel de Genève

Publié le par blog-petitechroniquedelaterre-tf1

Il est une visite à ne pas manquer à Genève :

Dans la Ville Haute, sur la promenade arborée de La Treille qui s’étend devant l’Hôtel de Ville, on peut voir un vieil arbre un peu penché, soutenu par une béquille : c’est le Marronnier Officiel de la République et du Canton de Genève.


Une plaque atteste de ses titres et qualités. La fonction est d’ailleurs héréditaire, car depuis 1818 trois arbres '' officiels''  se sont succédés à cet emplacement, et toujours des marronniers.

 

 

 





Son rôle est fondamental : Le marronnier officiel sert à annoncer le printemps. Ce qui fait foi, c’est l’éclosion de la première feuille.

 Et en voici la preuve : la photo officielle prise cette année, le 19 février




C’est Maria Anna Hutter, Sautier du Grand Conseil, qui me l’a envoyée.  Et peu importe que le marronnier soit en avance sur le calendrier. C’est le marronnier qui a raison, et c’est le printemps qui est en retard.

 





Quelle magnifique tradition, sur le plan du symbole et sur le plan scientifique.  Depuis 1818, chaque année, le Sautier Du Grand Conseil ( le secrétaire général du Parlement du canton de Genève) se déplace pour constater l’évènement. Comme c’est une démarche officielle, le sautier est suivi à distance respectueuse par un huissier d’état.  Maria Anna Hutter est la deuxième femme dans l’histoire à tenir  cette fonction.

 

 

 

 


Une fois la constatation faite, elle est consignée officiellement sur un magnifique parchemin, conservé dans la salle du gouvernement qui date du XVIème siècle. Au mur : des peintures d’élus, les mains coupées : c’est le symbole de leur honnêteté, ils ne puisent pas dans la caisse publique.





Ces observations phénologiques, qui montrent le lien entre la végétation et le climat, sont les plus anciennes que possède la Suisse, puisqu’elles se suivent sans interruption sur 190 ans. Elles sont les témoins des évolutions climatiques.

Elles nous apprennent  que du temps des deux premiers marronniers, jusqu'en 1928,  les premières feuilles apparaissaient en mars et en avril, mais jamais en février.


En revanche le marronnier actuel a ouvert ses bourgeons 26 fois en février et 3 fois en janvier.

 On ne peut rien en  déduire sérieusement sur l’effet du réchauffement planétaire. Un unique marronnier ne suffit pas à valider une observation. Il n’empêche, le marronnier officiel de Genève est sensible lui aussi aux perturbations du climat. En 2002, il a sorti des feuilles en décembre, et en 2006, il a bourgeonné deux fois dans l’année !

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