Le retour des Haies en Normandie

Publié le par blog-petitechroniquedelaterre-tf1

Le Parc Naturel Régional des Boucles de la Seine s'implique depuis 20 ans dans la restauration des haies. Il vient d'établir un bilan qui semble encourageant : 207 km de haies réintroduites, soit 354 743 plants. Les variétés régionales sont privilégiées : le hêtre, le charme, le buis, le noisetier etc..Mais il est encore plus facile de motiver les particuliers et les communes que les agriculteurs.

 

 

 

''C'est compréhensible, explique le directeur du Parc, Jean-Marc Berepion. Cela tient à l'histoire de l'agriculture. Du fait du remembrement et de la mécanisation, on a arrêté de planter des haies en gros entre 1930 et 1980. Ajoutez à cela le manque d'ouvriers agricoles, beaucoup d'agriculteurs et d'éleveurs ont préféré clore par du grillage ou du barbelé, car les haies, cela demande du soin et un entretien régulier, c'est du fait-main''.

 

 

 

Depuis 1980, les haies sont redevenues à la mode car on s'est rendu compte que les terres subissaient un problème d'érosion à cause du ruissellement. Et quand est survenue la tempête de 1987, là, plus de doute, des haies coupe-vent auraient été très utiles pour s'opposer aux rafales. En plus elles fournissent du bois et servent d'abris aux petits animaux.

 

 

 

Aurélie Lasnier, la paysagiste du Parc, s'occupe donc de grouper les achats de jeunes plants de haies, pour obtenir un prix de gros ; les prix varient entre 0,80 et 2 euros le plant. Elle privilégie toujours des pépiniéristes de la région « car les plantes ont ainsi commencé leur croissance dans la même terre ». De plus, certains départements comme la Seine Maritime accordent des subventions pour encourager les plantations. 

 

 Il faut se dépêcher de mettre en terre car la douceur de l'hiver, ainsi que les températures agréables prévues dans les 3 prochains mois vont inciter la végétation à repartir très vite. Et si on ne sait pas comment procéder avec ces jeunes plants pleins de racines, Aurélie se déplace très volontiers pour donner des conseils. Elle est diplômée de l'Institut National d'Horticulture d'Angers, et passionnée: ''c'est un métier plein de débouchés, qui allie technicité et sens artistique, beaucoup de filles s'engagent dans ces études''.

Dans l'enceinte de la Maison du Parc, à Notre Dame de Bliquetuit, on peut voir différentes techniques de haies produites à partir d'un éventail d'essences locales. La haie d'if est bien reconnaissable, car elle reste verte toute l'année, mais attention elle est toxique pour les chevaux.

 D'autres essences gardent leurs feuilles roussies en hiver : c'est le cas de la haie de hêtre. Il faut environ 5-6 ans pour obtenir ce volume de végétation.

Une jolie haie aussi, en charme, bien utile pour empêcher les animaux de divaguer : la haie plessée. C'est une haie taillée de manière très particulière dans le but d'obtenir un lacis de branches horizontales et verticales, absolument infranchissables. Ce sont des jardiniers anglais du Kent qui sont venus en Normandie pour rafraîchir la mémoire des habitants sur cette  technique oubliée.

Le Parc Régional des Boucles de la Seine fera la fête le 6 avril, c'est l' occasion d'aller admirer les haies, et la promenade est délicieuse !

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Brigitte Compain 16/04/2008 16:02

L'arrachage des haies s'est réduit ces 10 dernières années mais les plantations soutenues par les conseils régionaux et généraux n'arrivent toujours pas à compenser les pertes. L'entretien des haies qui demande de la main d'oeuvre a été abandonné entre 80 et 90 car le prix de l'énergie était bas. Les produits de chauffage des haies ont été remplacés par d'autres sources d'énergie. La haie jugée alors improductive a été malmenée : coupe latérale au broyeur ou au lamier tous les 3/5 ans. La taille mécanique à répétition est mal supportée par certaines essences. Les maladies phytosanitaire peuvent se diffuser. La haie s'est transformée en une sorte de mur végétal ou les tronc et les branches s'entremêlent.. L'utilisation d'herbicide limite la régénération. Quant à la faune n'en parlons pas ! Un entretien traditionnel et un recépage total ou partiel des arbres de taillis tous les 10-15 ans est nécessaire
Pour que les haies revivent, il faut que les agriculteurs puissent en valoriser le bois et en tirent un avantage économique. L'entretien des haies peut être confié au Cuma et associations d'insertion. les débouchés : les plaquettes de bois (déchiquetage) permet d'obtenir des plaquettes à un coût appréciable.  L'utilisation se fait dans des chaudières individuelles ou collectives.

Martine 05/03/2008 16:14

Très joli article et très instructif - merci