A Brest, une autre Arche de Noé des graines

Publié le par blog-petitechroniquedelaterre-tf1

Voici une fleur de Cylindrocline Lorencei, un arbuste de la famille du tournesol. Stéphane Buord, responsable des actions internationales au Conservatoire Botanique National de Brest m'envoie la photo avec ce commentaire:

 

''Quelques graines de cet arbuste ont été collectées par les scientifiques de Brest juste avant l'extinction de cet arbuste dans son île natale à Maurice. Seul le recours à la technologie in vitro sur des échantillons de graines maintenues en congélation a permis de préserver ce patrimoine botanique unique. C'est une première mondiale dans le domaine de la conservation végétale, elle permet d'entrevoir aujourd'hui une réintroduction à l'île Maurice''.




En fait la renaissance d'une plante ...


A deux pas de l’Atlantique, à Brest, la France possède  elle aussi une Arche de Noé des graines. On a beaucoup parlé de celle qui vient d' être creusée au Spitsberg, dans le permafrost, et qui doit préserver pour des siècles plusieurs millions de semences alimentaires prêtées par des pays du monde entier.


A Brest, ce ne sont pas des semences alimentaires qui sont conservées, mais des graines de plantes sauvages. Et tout simplement dans une batterie de congélateurs réglés sur -18°C.

Catherine Gautier est fière d'en avoir la responsabilité : ''On  trouve ici les graines d’environ 2000 espèces de plantes dont 337 sont au bord de l’extinction et 69 ont déjà disparu dans la nature. Cette banque de semences existe depuis 1976, et le Conservatoire Botanique National de Brest a été le premier au monde à se lancer dans le sauvetage des plantes sauvages’’.

 

Rien que cela, et en toute discrétion..

Deux milles espèces conservées sous forme de graines,  cela semble une goutte d’eau par rapport aux 85 000 espèces de plantes que l’on estime gravement menacées dans la nature. Mais garder les graines vivantes, les planter, faire des boutures, cela représente un travail minutieux et continuel.

''Il faudrait être assuré d’avoir toujours le personnel nécessaire pour faire des tests de germination tous les 4-5 ans. Il faudrait aussi, me confient les botanistes, des locaux plus spacieux avec une chambre froide à -5°C qui servirait de sas de sécurité avant d’accéder aux précieux congélateurs’’.




Aujourd’hui encore, le Conservatoire Botanique de Brest possède l’une des 5 plus grandes collections de graines au monde, et depuis l’an 2000 il est engagé dans un programme européen, ENSCONET, qui vise à collecter les graines des 420 000 espèces végétales recensées sur la planète. Un programme pharaonique !

 



A partir de ces graines, ou grâce à des boutures, on peut voir dans les serres une fascinante collection de 2600  plantes vivantes. Voici une autre photo envoyée par
Stéphane Buord : une fleur rare de statice des Canaries.

 

''C'est la seule espèce  arborescente de statice, explique Stéphane Buord, elle fait 2 à 3 mètres de hauteur, elle est extrêmement menacée dans la nature car il n’en subsiste qu’une dizaine de pieds au Canaries ’’.

Mais le jardin des plantes disparues n'est pas une fin en soi. L'idéal serait que ces plantes sortent des serres et puissent revivre dans leur milieu d'origine. "Nous y travaillons", dit Stephane Buord, "des programmes sont en cours à Madagascar, à Madère. Mais ce n'est pas encore gagné ''.

Car partout sur la planète, et spécialement dans les îles, l’environnement des plantes sauvages a changé trop rapidement ces dernières années, elles ne pourront pas survivre sans l'aide de l'homme qui est pourtant à l'origine de leur disparition.

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