Protéger les lanceurs d'alerte

Publié le par blog-petitechroniquedelaterre-tf1

 
 

Les lanceurs d'alerte, ce sont ces personnes courageuses, simples citoyens, salariés d'entreprises ou chercheurs qui à un moment donné ont connaissance d'un danger qui n'est pas majoritairement reconnu, qui prennent le risque de le révéler et qui peuvent ainsi contribuer à sauver des vies à condition d'être écoutés.

 Par exemple, les scientifiques qui ont alerté dès 1906 sur les dangers de l'amiante étaient des lanceurs d'alerte, malheureusement ils n'ont pas réussi à se faire entendre à temps.

 

      C'est ce qu'a rappelé la sénatrice verte Marie-Christine Blandin, ici aux côtés du lanceur d'alerte André Cicollela. André Cicollela par exemple  avait bien compris les dangers des éthers de glycol sur la santé,  alors qu'il était chercheur  à L'Institut National de Recherche et de Sécûrité ; il a pourtant été licencié pour faute grave avant d'être rétabli dans ses droit par la Cour de Cassation après 6 ans de procédure.

Marie Christine Blandin vient d'organiser avec le biologiste Jacques Testard, président de la Fondation Sciences Citoyennes, un colloque pour accélérer le vote d'une loi pour protéger enfin le lanceur d'alerte.

 Car les lanceurs d'alerte sont courageux, mais isolés. Ils sont souvent menacés par la dépression, il est donc urgent de leur reconnaître un statut.

Voici ce qu'en dit Jacques Testard, dont les recherches ont permis la naissance du premier bébé éprouvette français en 1982. Et pourtant Jacques Testard se méfie du développement accéléré de la science et de la technique.

               

  Il faudrait donc protéger les lanceurs d'alerte par une loi et un statut.

C'est ce que préconise aussi l'ancienne ministre de l'environnement Corinne Lepage, chargée par le gouvernement de réfléchir aux suites législatives du Grenelle de l'Environnement. Elle a remis son rapport en février à Jean-Louis Borloo, et tout le monde attend maintenant que le gouvernement dépose un projet de loi.

Peut-être à l'occasion de la présidence française de l'Union Européenne, en juillet ?

Outre la protection des lanceurs d'alerte, ce qui est important, plus généralement, c'est d'assurer la transparence et l'indépendance de l'expertise scientifique. Car lorsqu'un chercheur est payé par le secteur industriel qu'il est chargé d'expertiser, on se dit qu'il faut une rigueur scientifique à toute épreuve doublée de grandes qualités personnelles pour  savoir résister..

Il n'est pas facile de résoudre ce problème des conflits d'intérêt, dit Corinne Lepage

 

                 

   

Plusieurs pays protègent déjà le lanceur d'alerte par une loi et un statut : c'est le cas aux Etats-Unis, en Grande Bretagne notamment.

Un statut de protection, cela ferait bien l'affaire de Christian Velot, spécialiste en biologie moléculaire. Ce chercheur/enseignant du CNRS et de l'Université n'a jamais fait mystère de ses critiques envers les OGM ; or il se trouve qu'il n'a plus d'argent pour faire tourner son laboratoire depuis janvier dernier et que sans raison explicite,  son contrat ne sera plus renouvelé l'an prochain.

Quant à Pierre Meneton, également rencontré à l'occasion de ce colloque, ce chercheur à l'INSERM vient de sortir victorieux d'une  procédure judiciaire  de 8 années intentée par l'industrie du sel. Il a fait l'objet de pressions et s'est senti bien seul dans sa dénonciation du danger mortel que représente l'excès de sel dans l'alimentation. Ce qui n'est pas normal.   

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